Assemblée législative du peuple du Burkina Faso
Assemblée législative de transition
Sessions confédérales des Parlements de l’AES : l’expertise sécuritaire au prisme des réalités de l’espace confédéral
Au sein des commissions, les échanges entre députés confédéraux et experts permettent de confronter les réalités du terrain aux enjeux examinés dans le cadre des Sessions confédérales des Parlements de l’AES. Pour la Commission Défense et Sécurité, ces travaux ont notamment bénéficié de l’expertise du camarade Abdoulaye GANDEMA, Commissaire divisionnaire de police, chargé de mission au ministère de la Sécurité et expert national en matière de sécurité intérieure auprès de la Commission nationale de l’AES.
Sollicité pour accompagner les réflexions de ladite commission, l’expert est intervenu autour de la thématique de la coopération policière et du partage de renseignement dans l’espace AES. Son rôle a consisté à partager son expérience et ses connaissances sur les questions sécuritaires, mais aussi à répondre aux préoccupations soulevées par les députés. Les discussions ont ainsi permis d’examiner les conditions nécessaires au renforcement de la coopération dans le domaine de la sécurité intérieure. Selon le camarade Abdoulaye GANDEMA, la coopération policière reste encore limitée et le partage de renseignements entre les trois États s’effectue le plus souvent dans des cadres bilatéraux ou de manière informelle. D’où la nécessité de développer une véritable coordination des activités de sécurité intérieure dans l’espace confédéral. Cette coordination devrait permettre de renforcer la coopération policière dans différents domaines et de créer les conditions d’une action beaucoup plus concertée entre plusieurs entités sécuritaires. Les échanges ont également permis de mettre en évidence le lien entre le renseignement et les tracasseries rencontrées lors des contrôles routiers. Pour le camarade Abdoulaye GANDEMA, ces deux préoccupations sont étroitement liées. Lorsque certaines pratiques sur les corridors suscitent l’insatisfaction ou la frustration des populations, celles-ci peuvent être moins enclines à collaborer avec les forces de défense et de sécurité dans le partage de l’information. La réduction des tracasseries routières apparaît ainsi comme un moyen de renforcer la collaboration entre les populations et les forces de défense et de sécurité. Pour l’expert en sécurité, l’amélioration du renseignement passe aussi par une meilleure relation entre les services de sécurité et les communautés pour avoir des informations de qualité, mais également par la mise en place d’un dispositif confédéral de fusion. La dimension de la participation des communautés à la sécurité a particulièrement retenu l’attention de l’expert, qui estime que les députés disposent, en tant que représentants du peuple, d’une capacité d’action importante sur cette question. Ils peuvent notamment contribuer à faire remonter les préoccupations des populations, mais surtout à les sensibiliser sur leur rôle dans la protection de la Confédération et des institutions des États membres. Les échanges au sein de la Commission Défense et Sécurité ont également porté sur le cadre juridique devant accompagner cette coopération. À ce titre, l’expert a souligné l’importance de l’adoption du Projet de protocole additionnel relatif à la sécurité intérieure, présenté comme un texte de base qui va servir de fondement à la coopération policière et à certaines questions liées à la sécurité des peuples de la Confédération. Cette question figure parmi les éléments ayant retenu l’attention des députés dans les recommandations issues des travaux de la commission. Au terme des échanges, le camarade Abdoulaye GANDEMA retient surtout la richesse des discussions avec les députés confédéraux. Les questions posées au cours des travaux, mais aussi les contributions des parlementaires, lui ont permis d’approfondir sa réflexion et même de réinterroger sa propre position sur le rôle que doivent jouer les communautés dans la consolidation de l’AES, notamment en raison de la diversité et de la connaissance des réalités des peuples par les élus. Il salue ainsi une expérience qu’il qualifie de très enrichissante, marquée par la qualité des échanges entre les députés et les experts. Pour lui, cette collaboration permet de confronter les connaissances techniques aux réalités et aux préoccupations portées par les parlementaires et d’approfondir les réflexions sur les différentes thématiques abordées au sein des Sessions confédérales. Le contrôle aux frontières, les modalités de coopération entre les services ainsi que les questions liées à la montée en puissance de la force unifiée de l’AES font notamment partie des thématiques qu’il estime pertinentes pour les prochaines sessions. Des sujets qui, de son point de vue, permettent de rapprocher davantage les réflexions des parlementaires des réalités vécues par les communautés. À travers cette expérience, les travaux de la Commission Défense et Sécurité auront ainsi permis de mettre en dialogue l’expertise technique et la connaissance des réalités du terrain portée par les députés, autour de préoccupations directement liées à la sécurité et à la libre circulation dans l’espace confédéral.