Sessions confédérales des Parlements de l’AES : l’expertise média éclaire les travaux de la Commission Développement
Derrière les travaux des commissions, il y a aussi des expertises qui viennent nourrir les échanges et éclairer les décisions. Pour cette première session ordinaire des Sessions confédérales des Parlements de l’AES, trois experts désignés pour accompagner les trois commissions ont apporté leurs connaissances dans leurs domaines respectifs.
Parmi eux, le camarade Pascal Yemboini THIOMBIANO, chargé de mission au ministère en charge de la Communication du Burkina Faso, expert média auprès de la Commission Développement, a accompagné les députés dans leurs réflexions sur le modèle économique des médias de l’AES, leur financement, leur viabilité et leur efficacité.
Pendant les travaux en commission, son intervention a notamment porté sur les différents médias mis en place dans l’espace confédéral et sur les conditions nécessaires à leur fonctionnement durable avec notamment la radio Daandé Liptako installée à Ouagadougou et Tafouk TV à Bamako, ainsi que le projet d’Agence de presse confédérale appelée à renforcer la collecte, la vérification et la diffusion de l’information.
Mais au-delà de la présentation de ces différents dispositifs, c’est surtout la question de leur modèle économique qui a occupé une place importante dans les échanges. L’option retenue repose sur une contribution des trois États pour assurer le fonctionnement des médias confédéraux. Pour le camarade Pascal YEMBOINI THIOMBIANO, ce choix répond également à une préoccupation liée à l’indépendance et à la préservation de la ligne éditoriale.
Les députés ont toutefois ouvert la réflexion sur les modalités de mobilisation de ces ressources au sein de l’espace confédéral. Les pistes évoquées au cours des échanges reposent ainsi sur des ressources exclusivement endogènes dont la mobilisation relève des décisions des autorités compétentes.
Les trois États devraient ainsi apporter leur contribution à partir de ressources publiques déjà mobilisées à travers leurs propres mécanismes de collecte. Les pistes évoquées au cours des échanges restent de la compétence des gouvernements.
La question de la viabilité des médias a également été abordée sous l’angle des moyens nécessaires à leur fonctionnement. Le renforcement des équipements techniques, des moyens de production et de diffusion ainsi que la mobilisation des compétences disponibles dans l’espace AES ont fait partie des préoccupations examinées par la Commission Développement.
Pour l’expert, disposer de ressources humaines qualifiées constitue déjà un atout. Il estime que les compétences existent dans les trois pays et que l’enjeu est désormais de leur donner les moyens nécessaires pour produire et diffuser des contenus à la hauteur des ambitions assignées aux médias confédéraux.
Cette réflexion rejoint une autre préoccupation abordée au cours des travaux, celle de l’efficacité des médias. Dans un environnement marqué par la multiplication des contenus et l’importance prise par les réseaux sociaux, les médias professionnels doivent, selon lui, conserver leur rôle dans la production et la diffusion d’une information fiable.
« Le trop-plein d’informations ne signifie pas information », a-t-il relevé, insistant sur la nécessité de distinguer l’information vérifiée des contenus qui circulent rapidement sur les réseaux sociaux.
Pour le camarade Pascal YEMBOINI THIOMBIANO, cette première expérience met surtout en évidence l’importance de la complémentarité entre l’expertise technique et le travail parlementaire. Il retient notamment « l’esprit d’ouverture » dont les députés confédéraux ont fait preuve au cours des échanges.
Les nombreuses questions posées par les membres de la commission ont permis d’aller plus loin dans la réflexion et d’enrichir les propositions formulées. L’expert souligne également que les parlementaires se sont approprié les éléments apportés au cours des échanges pour les traduire dans les recommandations soumises ensuite à la plénière.
À travers cette collaboration entre parlementaires et experts, les travaux des commissions ont ainsi reposé sur un dialogue entre l’expérience institutionnelle et les compétences techniques. Une démarche qui a contribué à alimenter les rapports présentés en plénière et les recommandations adoptées au terme de cette première session ordinaire.