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Insécurité : Burkindlim appelle à un forum national sur le sujet

« Analyse de la situation sécuritaire au Burkina Faso : défis et perspectives ». C’est autour de ce thème que le groupe parlementaire Burkindlim s’est retranché à Bogandé dans la Gnagna les 03 et 04 mars derniers pour tenir ses premières journées de 2017. Le thème a fait l’objet d’une communication assurée par le colonel/magistrat à la retraite, Jean Pierre Bayala. Les travaux ont donné lieu à un appel à l’organisation d’un forum national sur l’insécurité.

« Attaques terroristes d’une école. Bilan : 1 mort, le directeur de ladite école ». Ce message sous forme de sms a atterri dans des portables de l’équipe en partance pour Bogandé, le vendredi 03 mars 2017. Il était onze heures. L’indignation et la tristesse se lisait sur tous les visages dans le bus transportant les députés. Le verbe haut, les propos rageux, chacun allait de ses commentaires, condamnant sans détours ni formules ampoulées, cette dernière action de ses fous de Dieu.
Cette ambiance dans le bus des députés conforte le choix du thème pour la tenue de leurs premières journées parlementaires qui, rappelons-le est : « Analyse de la situation sécuritaire au Burkina Faso : défis et perspectives ».
Les attaques terroristes, il faut en finir avec. C’est le vœu des Burkinabè qui aspirent à la paix pour poser les actions de développement. La lutte est menée à bien des niveaux. La contribution des députés de Burkindlim consiste à réfléchir sur le sujet et à proposer des solutions efficaces.
A Bogandé, les parlementaires ont observé une minute de silence à la mémoire du directeur de l’école de Kourfayel, fauché devant ses élèves dans la matinée du vendredi 03 mars 2017. Ils se sont tout de suite tablés sur les causes du terrorisme, les différents types de terrorismes, les menaces sécuritaires, les défis à relever ainsi que les perspectives.
Des causes de ce mal au Sahel, nombre de participants pensent que c’est la conséquence du délaissement de la région du Sahel. Pour eux, les politiques publiques de développement de ces trois dernières décennies n’ont pas suffisamment pris en compte cette région mais également celle de l’Est qui est en proie au grand banditisme.
Pour ce qui concerne la faible riposte face aux attaques terroristes, des débats, il est ressorti que le système de rotation des Forces de défense et de sécurité (FDS) tous les trois mois ne permet pas un bon suivi de la lutte. Aussi, certains pensent que des problèmes internes aux FDS plombent leur action. Une autre raison qui explique l’incapacité du Burkina à freiner la marche sanglante de ces ennemis est l’inadéquation des plans et stratégies de défenses adoptés par le pays. « Ils ont été importés », pensent certains. D’où l’appel des députés à « nous inspirer des stratégies locales nationales » en faisant allusion aux groupes d’autodéfense comme les Koglwéogo et les Wendpanga.
Mais le communicateur, Jean Pierre Bayala, a son idée. Il a appelé les députés à insister sur les réformes à opérer en matière de défense et de sécurité à travers des propositions de lois. Il les a exhortés également à avoir un œil sur la gestion du budget de l’armée et à jouer surtout leur rôle de contrôle des FDS, de renseignements auprès des populations à la base. Pour terminer, le Colonel Bayala se convainc que la protection des informations ainsi que les fournisseurs de renseignements dans les différentes régions est une nécessité pour renforcer la lutte.
Les députés du groupe Burkindlim ont pris la mesure de la situation. Et pour manifester leur engagement, ils ont lancé un appel dit de Bogandé, pour « la tenue d’un forum national sur la sécurité en vue de l’adoption d’une politique nationale de défense et de sécurité intérieure ».