Burkina Faso
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Discours de clôture de la première session parlementaire ordinaire de l’année 2016

Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;
Mesdames et Messieurs les Présidents d’Institutions ;
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement ;
Excellences Mesdames et Messieurs les membres du corps Diplomatique ;
Monsieur le Chef de fil de l’opposition Politique (CFOP) ;
Mesdames et Messieurs les représentants des Organisations
Internationales et inter-africaines ;
Honorables députés ;
Mesdames et Messieurs ;

Ouverte le 2 mars 2016, la première session ordinaire de la 7ème législature prend fin ce soir au terme de la présente cérémonie.
A son ordre du jour figuraient en bonne place des questions d’intérêt national telles que :
-  l’amélioration de la gouvernance économique, politique et sociale du pays ;
-  la prise en compte des préoccupations des jeunes et des femmes ;
-  les défis sécuritaires aux quels le pays est confronté.

Mesdames et Messieurs ;

Cette clôture intervient dans un contexte national marquépar la persistance des défis sécuritaires d’une part et d’autre part l’organisation réussie des locales libres, transparentes et équitables.
Quant à la situation sous régionale et internationale, elle demeure également dominée par la guerre sans merci contre le terrorisme et ses nébuleuses que sont l’Etat islamique, Boko-haram pour ne citer que ceux-là, et la crise économique persistante.
S’agissant de la situation nationale, il faut convenir que la démocratie, la liberté d’expression, les libertés collectives et individuelles se consolident au Burkina Faso, les droits humains sont respectés et personne n’est en prison en raison de ses opinions politiques ou religieuses.
Ceux qui sont en prison, le sont pour des actes criminels attentatoires à la démocratie, à la liberté, à la paix sociale.
S’il faut se féliciter du raffermissement de la Démocratie et de la liberté dans notre pays, il faut cependant faire remarquer que certains de nos concitoyens confondent liberté et libertinage qui confine à l’incivisme bruyant et intolérable. C’est pourquoi, du haut de cette tribune, je lance un appel pressant au gouvernement pour qu’il réagisse promptement et mette fin à cette situation qui est inacceptable.
Rétablir l’autorité de l’Etat en faisant respecter les lois et règlements de la République, mettre au pas ceux-là qui s’adonnent à l’incivisme relèvent plus que jamais du domaine de l’impératif.
Au demeurant, pour restaurer l’autorité de l’Etat et contrer l’incivisme, notre pays dispose d’un arsenal juridique et réglementaire y relatif. Et si jamais, à l’épreuve des faits, ce dispositif recelait des limites, notre parlement est tout disposé à légiférer dans ce sens aux fins de doter notre pays de moyens appropriés pour plus d’efficacité de l’action gouvernementale.
En tout état de cause, force doit rester à la loi et aucun citoyen ou catégorie de citoyens quelles que soient leurs qualités et vertus ne sauraient se substituer à l’Etat pour exercer le pouvoir de coercition légale et légitime dont l’Etat doit demeurer l’unique détenteur.
Pour ce qui est du terrorisme, vu que c’est un phénomène international, aucun pays aussi puissant soit- il ne saurait y faire face tout seul.C’est la raison pour laquelle, nous recommandons au gouvernement d’œuvrer de concert avec les autres Etats de la sous-région afin d’unir nos forces et de mutualiser nos ressources pour une lutte résolue, efficace et sans concession contre le terrorisme

Distingués invités,
Honorables Députés
Mesdames et Messieurs ;

Sur le front social, et en dépit, de la surenchère et l’impatience légitime de certains partenaires sociaux, il y a lieu de se féliciter de ce que le gouvernement ait maintenu sa disponibilité au dialogue et à la concertation.
Mieux, dans un contexte de reprise économique, le gouvernement a fait des efforts louables pour procéder au reclassement des agents de l’Etat dans la nouvelle grille issue de la loi 081-2015/CNT du 24 novembre 2015. C’est un geste fortqu’il convient de saluer à sa juste valeur et cela d’autant qu’il n’y avait pas de prévision budgétaire y afférent.
Toujours dans le sens de créer un climat social apaisé et d’améliorer un tant soit peu le pouvoir d’achat des populations, nous saluons la décision du gouvernement en date du 18 mai 2016, visant la baisse des prix à la pompe des hydrocarbures de 50 F, avec effet immédiat.

Distingués invités,
Honorables Députés
Mesdames et Messieurs ;

Au plan politique, il convient de saluer la tenue des élections municipales qui consacre le retour à une gestion décentralisée de nos collectivités territoriales. Il faut saluer également la participation moyenne d’environ 49% car même dans les grandes démocraties, le taux de participation à ce type de scrutin a toujours été de cet ordre de grandeur.
Du reste dans le cas d’espèce, ce taux s’explique par la lenteur dans le processus de transfert des compétences et des ressources en faveur des collectivités locales.
Toutefois, la leçon à retenir de ce scrutin, c’est qu’il vient clore le cycle de rétablissement de l’ordonnancement institutionnel de l’Etat suite à l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et la Transition qui s’en est suivie.
Par conséquent, c’est le lieu de se féliciter de ce que désormais, l’Etat de droit a repris ses lettres de noblesse au Burkina Faso. Mais nous devons rester vigilants car certains à l’intérieur du pays ou d’autres réfugiés à l’extérieur, continuent de rêver à un improbable rétablissement de l’ordre fasciste réactionnaire pour continuer à opprimer notre peuple.

Distingués invités,
Honorables Députés
Mesdames et Messieurs ;

Notre auguste Assemblée a eu l’honneur d’accueillir à deux reprises, son Excellence Monsieur le Premier Ministre.Une première fois, le 25 mars 2016 pour sa Déclaration de Politique Générale et une seconde fois le 06 mai 2016 pour son Discours sur l’Etat de la Nation.
Il vous souviendra que la Déclaration de Politique Générale de son Monsieur le Premier Ministre avait emporté l’adhésion de la majorité de notre parlement et a consisté a exposé aux représentants de la nation, les grandes lignes de la politique qu’il entend mener dans l’optique de la mise en œuvre du programme quinquennal du Président du Faso, son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE.
Quant au Discours sur l’Etat de la Nation, il a surtout constitué une belle opportunité pour son Excellence Monsieur le Premier Ministre, de donner une photographie ramassée des acquisde la politique du gouvernement au niveau des différents secteurs de la vie nationale.
Qu’il me soit donc permis de réitérer ici au nom de la Représentation nationale nos chaleureuses et vives félicitations à son Excellence Monsieur le Premier Ministre et à son gouvernement, et lui renouveler à l’occasion nos vifs souhaits de plein succès.

Nous encourageons le gouvernement à poursuivre ses efforts de création d’emplois au profit des jeunes, de promotion économique de la femme et de réalisation d’infrastructures de base pour les populations laborieuses.
Il est également urgent pour notre justice d’examiner les dossiers pendants en vue de réconcilier les burkinabè entre eux sur la base du sacro-saint principe vérité, justice.
Toujours au chapitre, des faits notables, je ne saurai passer sous silence l’honneur que Monsieur Ban KI-MOON, Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies a fait à notre Auguste Assemblée à travers sa visite de courtoisie et d’échanges lors de son passage au pays des hommes intègres le 3 mars 2016.
A cette heureuse occasion, nous avons été surtout très sensibles aux félicitations que Monsieur le Secrétaire général a bien voulu adresser à notre parlement pour sa contribution à l’ancrage de l’Etat de droit et de la démocratie.Qu’il en soit remercié !

Honorables Députés,
Mesdames et Messieurs,

Avant de procéder à la clôture proprement dite de la session, il me semble de mon devoir d’en dresser le bilan.
Dans cette perspective, le bilan statistique de cette première session ordinaire de l’année 2016 se présente comme suit :
• Premièrement au titre des dossiers déposés :

. vingt un (21) projets de lois inscrits à l’ordre du jour,
. un (1) projet de loi retiré de l’ordre du jour,
. un (1) projet de loi ajourné,
. deux (2) propositions de résolutions inscrites à l’ordre du jour.
Au jour d’aujourd’hui, on dénombre Dix-neuf (19) lois votées, quatre (4) résolutions.
• Deuxièmement : des questions orales
Des questions orales avec ou sans débats inscrites à l’ordre du jour de cette session sont au nombre de dix-sept (17) et se répartissent comme suit :
. Quatre (4) questions orales avec débat ;
. Treize (13) questions orales sans débat.

• Troisièmement : des questions écrites
Quarante (40) questions écrites au total ont été transmises au gouvernement.
Ce bref panorama de l’activité parlementaire manquerait son objectif si je ne revenais pas ici de manière succincte sur la loi de finances rectificative.
J’en profite pour adresser mes sincères félicitations à Madame la Ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, à Madame la Ministre déléguée auprès du même Ministère et à leurs collaborateurs, aux Présidents d’Institution, aux autres membres du Gouvernement pour leur grande disponibilité à l’endroit du Parlement.
Grâce à leur précieux concours, l’Assemblée nationale a pu examiner et adopter le 19 avril 2016, la loi de finances rectificative de la loi de finances de l’Etat gestion 2016. Ce budget qui prend en compte désormais le nouveau référentiel de développement économique et social à savoir le Plan National de Développent Economique et Social (PNDES), s’établit comme suit :

-  D’abord en recettes.
• 1.617.526.018.000 de F CFA, contre un montant initial de1.583.576.018.000 F CFA soit une hausse de 2,14 %.

-  En suite en dépenses.Elles se sont établies à :
• 1.919.936.205.000 F CFA contre une prévision initiale de : 1.823.133.477.000 F CFA soit une hausse de 5,31 %
Que retenir ?
Primo : le gouvernement s’est engagé à faire des efforts dans le cadre de la mise en œuvre de la loi de finances rectificative, afin de rationaliser davantage les charges courantes de l’Administration en vue de dégager des économies qui seront affectées à l’investissement.
Secundo : le Gouvernement entend par ailleurs prendre d’autres mesures de restrictions dont la réduction des dotations en carburant en vue de rationnaliser la consommation, la limitation du nombre de voitures au niveau des membres du gouvernement et les réductions des baux administratifs et des villas de fonctionnement. Ce faisant, le total estimé des économies à réaliser par l’administration publique est d’environ deux (2) milliards de F CFA.
Voilà, Mesdames, Messieurs, honorables députés, relaté les grands traits de ce qu’a consisté le travail législatif au cours de la session qui s’achève.
Il reste que ce bilan serait incomplet si je ne soufflais pas mot sur les activités de notre Assemblée dans le domaine de la diplomatie parlementaire.
En effet, notre auguste Assemblée est membre de pas moins de 08 organisations interparlementaires.
Dans cette veine, des Députés burkinabè ont pris part à diverses sessions organisées par certaines de ces organisations interparlementaires.
Il s’agit essentiellement du parlement de la CEDEAO à Abuja au Nigeria, du Comité Interparlementaire (CIP / UEMOA) à Abidjan en Côte d’Ivoire, de l’Assemblée Parlementaire Paritaire / Afrique-Caraïbes-Pacifique à Bruxelles en Belgique.
D’autre part, il importe de mentionner que nos Députés membres du parlement de la CEDEAO et du parlement Panafricain ont prêté serment.
A la tête d’une forte délégation de parlementaires, j’ai personnellement pris part à la 134ème Assemblée de l’Union interparlementaire (UIP) à Luzaka en Zambie du 19 au 23 mars 2016. Cette rencontre placée sous le thème « rajeunir la démocratie, donner la parole au jeunes » a constitué pour nous, une tribune privilégiée pour livrer un message à la jeunesse africaine.
Au total, nous entendons réaffirmer notre présence sur la scène internationale et promouvoir une coopération dynamique et mutuellement avantageuse tant sur le plan bilatéral que multilatéral.
Distingués invités,
Honorables Députés,
Mesdames et Messieurs,

Je m’en voudrais de clore mon propos sans établirle parallèle entre le fait qu’au moment où s’achèvent nos travaux, la saison des pluies s’installe.
N’est-ce pas là une manière pour la providence de nous rappeler, nous les élus de la nation, que l’immense majorité de notre peuple va retrouver le chemin des champs.
Puisse le ciel nous gratifier d’abondantes pluies et favoriser ainsi de biens meilleures récoltes à notre peuple travailleur.
Je souhaite aux producteurs ruraux de notre pays une bonne saison hivernale.
En attendant qu’il plaise au gouvernement de tout mettre en œuvre pour accompagner nos laborieuses populations pour un succès conséquent de la production agricole.
Sur ce, je déclare close la première session ordinaire de l’année 2016.

Que Dieu bénisse le Burkina Faso.

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